« Devenez acteur de l’air que vous respirez. » C’est l’invitation que lance Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, l’observatoire agréé de surveillance de la qualité de l’air de la région. Derrière le slogan, un dispositif très concret, mis en avant ce 31 octobre par le quotidien La Montagne : le prêt gratuit de micro-capteurs mobiles de mesure des particules fines, ouvert à n’importe quel habitant via la Captothèque, et un nouveau programme de sensibilisation baptisé Oxygen, financé jusqu’en 2028 sur les territoires couverts par un plan de protection de l’atmosphère.
Plan de l'article
La Captothèque : des capteurs de particules entre les mains des habitants #
Le principe de la Captothèque tient en une phrase : permettre à chacun de mesurer librement la qualité de l’air qu’il respire sur son territoire. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes y met à disposition un parc de micro-capteurs mobiles de particules fines, sélectionnés et testés par l’observatoire, que les habitants des territoires partenaires peuvent emprunter gratuitement après inscription en ligne.
Le dispositif, soutenu et financé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, revendique déjà plus de 11 000 citoyens participants. Chaque emprunteur promène son capteur dans ses trajets quotidiens — rue passante, abords d’un chantier, intérieur du logement, sortie d’école — et visualise en direct les concentrations de particules qu’il croise. Les mesures citoyennes ne remplacent pas les stations de référence de la surveillance réglementaire, mais elles les complètent : elles révèlent des micro-expositions locales que le maillage fixe ne peut pas capter.
Oxygen : cibler les territoires sous plan de protection de l’atmosphère #
Nouveauté de cette rentrée, détaillée par La Montagne : le programme Oxygen, financé par l’Ademe et ses partenaires jusqu’en 2028. Il vise les cinq territoires d’Auvergne-Rhône-Alpes couverts par un plan de protection de l’atmosphère (PPA) — ces zones où les dépassements de normes de qualité de l’air imposent aux pouvoirs publics un plan d’actions contraignant. Clermont Auvergne Métropole en fait partie.
Au menu : ateliers, fresque de l’air, projections, parcours pédagogiques, à destination des collectivités, des associations comme des simples particuliers. L’objectif est d’ancrer une culture de la qualité de l’air là où les enjeux sanitaires sont documentés, en articulant mesure citoyenne et actions locales.
Une dynamique encore inégale entre Rhône et Auvergne
Lise Missiaen, correspondante territoriale d’Atmo pour l’Auvergne, le reconnaît dans les colonnes du quotidien : si le dispositif se déploie avec succès côté rhônalpin, il peine encore à trouver sa dynamique en Auvergne. La pollution atmosphérique y est moins préoccupante que dans les agglomérations de Lyon ou de Saint-Étienne — mais elle n’en est pas pour autant négligeable, insiste la correspondante. Les particules fines ne s’arrêtent pas aux limites des grandes métropoles.
Pourquoi ça compte aussi pour les sites industriels #
Pour les exploitants d’installations émettrices de poussières — carrières, plateformes de recyclage, silos, ateliers de traitement de surface —, cette montée en puissance de la mesure citoyenne change doucement la donne. Les riverains équipés de capteurs documentent désormais eux-mêmes les épisodes d’empoussièrement, avec des données horodatées et géolocalisées, là où les signalements reposaient hier sur le ressenti.
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C’est à la fois un aiguillon et une opportunité. Un aiguillon, parce qu’un pic de particules mesuré en limite de site par un voisin finit plus facilement sur le bureau de l’inspection des installations classées. Une opportunité, parce que les industriels qui jouent la transparence — mesures en continu publiées, dialogue avec les associations locales, plans de réduction des émissions diffuses — abordent ces conversations avec des données plutôt que des démentis. Dans les territoires sous PPA, où chaque source de particules est scrutée, l’écart se creusera entre les sites qui instrumentent et ceux qui subissent.
Comment participer #
L’inscription se fait directement sur le site de la Captothèque, qui affiche la carte des territoires partenaires et les modalités d’emprunt. Les structures — collectivités, associations, entreprises — peuvent quant à elles se rapprocher d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes pour rejoindre les actions du programme Oxygen sur leur territoire.
La surveillance de l’air a longtemps été l’affaire exclusive des stations fixes et des arrêtés préfectoraux. Elle devient une pratique partagée, où l’habitant, la collectivité et l’exploitant regardent les mêmes chiffres. Pour la qualité de l’air comme pour la prévention des risques liés aux poussières, c’est probablement la meilleure nouvelle de l’automne.




