Ce jeudi 15 octobre à 11 h, Heidelberg Materials (ex-Calcia) devait faire tomber par foudroyage contrôlé une tour de préchauffage d’environ 90 mètres sur sa cimenterie de Gargenville, dans les Yvelines. Une opération spectaculaire, mais qui pose surtout une question bien connue des industriels : comment démolir une structure en béton sans disperser un nuage de poussières sur les riverains ?
- Tour de préchauffage d’environ 90 m abattue par foudroyage, prévu le 15 octobre à 11 h.
- Périmètre de sécurité de 200 m, accès fermés et navigation sur la Seine interrompue.
- L’opération s’inscrit dans le démantèlement de l’ancienne ligne de cuisson du site.
- Le contrôle des poussières repose sur la préparation, l’arrosage et la surveillance.
Plan de l'article
Que se passe-t-il à Gargenville ? #
D’après Temps Réel 78, la tour fait partie de plusieurs ouvrages en béton voués à disparaître dans le cadre du démantèlement de l’ancienne ligne de cuisson de la cimenterie. La méthode retenue est le foudroyage : la structure est affaiblie puis abattue en quelques secondes.
Le site ne cuit plus de clinker depuis plusieurs années. Un rapport d’inspection des installations classées publié sur Géorisques indique que le four est sous cocon depuis 2021 et que l’usine produit désormais du ciment à partir de clinker livré par la route. La tour de préchauffage, qui servait à chauffer la matière avant son entrée dans le four, n’avait donc plus d’utilité.
Quelles mesures de sécurité autour du site ? #
Un périmètre de 200 mètres a été instauré, avec fermeture et surveillance des accès. Selon Infosyvelines, la navigation sur la Seine devait être temporairement interrompue et aucun accueil du public n’était organisé sur place.
La Ville de Gargenville a évoqué des effets temporaires, notamment sonores, perceptibles aux alentours. La commune voisine de Juziers a relayé les mêmes consignes : ne pas s’approcher du site et ne pas stationner sur les routes, les ponts ou les quais.
Pourquoi une démolition de béton génère autant de poussières #
Lorsqu’une structure de cette taille s’effondre, le béton se fragmente brutalement. Une partie part en blocs, une autre en fines particules qui se mettent en suspension dans l’air, surtout par temps sec et venteux. Le béton contient du ciment, des granulats et, selon leur nature, de la silice cristalline.
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Ce dernier point est central pour la prévention au travail. L’INRS rappelle que les travaux exposant à la poussière de silice cristalline alvéolaire issue de procédés de travail figurent sur la liste française des procédés cancérogènes depuis le 1er janvier 2021, et que le Code du travail fixe des valeurs limites d’exposition pour le quartz et la cristobalite.
Comment on limite le nuage de poussières sur un foudroyage #
Avant l’abattage
La préparation fait l’essentiel du travail. Les équipements, les isolants et les matériaux qui ne sont pas du béton sont retirés en amont. Les zones de chute sont dégagées et l’heure de l’opération est choisie en tenant compte de la météo, en particulier de la direction et de la force du vent.
Pendant et juste après
Le moyen le plus courant reste l’eau : brumisation, canons à eau ou arrosage des gravats pour rabattre les particules au sol. Le périmètre d’exclusion sert à la fois à protéger des projections et à laisser retomber le nuage avant toute réouverture.
Pendant le traitement des gravats
Le risque ne s’arrête pas au jour J. Le concassage, le tri et le chargement des débris produisent à leur tour des poussières pendant des semaines. Arrosage des pistes, bâchage des bennes, aspiration à la source sur les engins et protection respiratoire adaptée pour les opérateurs font partie des mesures classiques.
Ce qu’en retiennent les exploitants industriels #
Gargenville illustre une tendance de fond : de nombreux sites lourds arrêtent ou reconfigurent leurs installations les plus anciennes, et leur déconstruction devient un chantier à part entière. Pour une installation classée, la mise à l’arrêt implique une remise en état encadrée par l’inspection, dont la gestion des émissions diffuses fait partie.
Pour un responsable HSE, la leçon est simple : un plan de maîtrise des poussières se prépare dès la conception du chantier, avec une évaluation du risque silice, des mesures d’empoussièrement et une communication claire auprès des riverains.
Questions fréquentes #
Qu’est-ce qu’un foudroyage ?
C’est une technique de démolition qui consiste à affaiblir certains points porteurs d’une structure pour la faire tomber en une seule fois, dans une direction maîtrisée.
Les poussières de béton sont-elles dangereuses ?
Elles peuvent l’être, surtout lorsqu’elles contiennent de la silice cristalline alvéolaire. L’exposition répétée concerne d’abord les travailleurs du chantier, d’où l’importance de la protection collective et individuelle.
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La cimenterie de Gargenville ferme-t-elle ?
Non. Selon le rapport d’inspection publié sur Géorisques, le site continue de produire du ciment à partir de clinker livré ; c’est l’ancienne ligne de cuisson qui est démantelée.




