Risques ATEX : les atmosphères explosives au cœur de l’action nationale 2026 de l’inspection

Les sites industriels où s’accumulent des poussières combustibles sont dans le viseur de l’inspection des installations classées. Tout au long de l’année 2026, les DREAL mènent une action nationale baptisée « Risques ATEX », consacrée à la vérification des zones où peuvent se former des atmosphères explosives. Silos céréaliers, usines chimiques, dépôts et ateliers à fort empoussièrement : les rapports de visite se succèdent et sont rendus publics sur le site Géorisques.

Une campagne nationale ciblée sur les zones explosives #

Le cadre de cette campagne est explicité dans les rapports d’inspection eux-mêmes. Celui consacré au silo de la SICA de Neuf-Brisach, dans le Haut-Rhin, visité le 7 mai 2026 et publié sur Géorisques, le résume en une phrase : des accidents industriels aux conséquences importantes, survenus dans des silos, des raffineries ou des usines chimiques, peuvent avoir pour origine une mauvaise identification ou une mauvaise gestion des zones dans lesquelles peuvent se former des atmosphères explosives.

L’objectif affiché de l’action nationale est donc de vérifier que chaque exploitant met en œuvre de manière adaptée les mesures permettant de prévenir ces risques : zonage ATEX correctement établi, cohérence entre l’étude ATEX et la réalité du terrain, conformité des matériels installés dans les zones classées.

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Les poussières, un combustible comme un autre

On associe spontanément l’explosion aux gaz et aux vapeurs de solvants. Mais un nuage de poussières fines en suspension — farine, céréales, sucre, bois, métaux — constitue lui aussi une atmosphère explosive dès lors qu’une source d’inflammation se présente. L’INRS rappelle que les secteurs où sont manipulés des produits chimiques ou à fort empoussièrement, comme l’industrie du bois, des métaux ou de l’agroalimentaire, sont particulièrement concernés par la réglementation ATEX, qui s’appuie sur les principes généraux de prévention du Code du travail.

La logique de prévention posée par l’INRS est hiérarchisée : il faut d’abord empêcher la formation de l’atmosphère explosive elle-même — captage des poussières à la source, nettoyage régulier des dépôts, inertage. À défaut, il faut éliminer les sources d’inflammation et mettre en œuvre des mesures de protection permettant d’atténuer les effets potentiels d’une explosion : évents de décharge, découplage des installations, matériel électrique certifié.

Comment se déroulent les inspections #

L’exemple du silo haut-rhinois donne la mesure du déroulé type. L’inspection a été annoncée à l’exploitant le 24 avril 2026, puis réalisée le 7 mai, et la partie « contexte et constats » du rapport a été mise en ligne. Sur le terrain, les inspecteurs confrontent le zonage ATEX défini sur le papier avec ce qu’ils observent dans les installations : les zones identifiées par l’exploitant correspondent-elles aux endroits où la poussière s’accumule réellement ? Les appareils installés dans ces zones sont-ils conformes aux exigences réglementaires applicables aux atmosphères explosives ?

Lorsque des écarts sont relevés, les suites sont graduées : demandes d’actions correctives assorties de délais, mises en demeure pour les manquements les plus sérieux. La publication systématique des constats sur Géorisques ajoute une pression supplémentaire : clients, assureurs et riverains peuvent désormais consulter le niveau de conformité d’un site.

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Ce que les exploitants doivent vérifier sans attendre #

Pour les industriels concernés — et les silos céréaliers figurent en tête de liste —, la campagne 2026 est l’occasion de reprendre méthodiquement trois dossiers.

Le document relatif à la protection contre les explosions

C’est la pièce maîtresse : il doit recenser les zones ATEX, évaluer les risques et décrire les mesures de prévention. Un document rédigé il y a dix ans et jamais révisé, alors que les installations ont évolué, est le premier écart que relèvera l’inspection.

La réalité du zonage sur le terrain

Les dépôts de poussières se déplacent au gré des modifications de process. Un transporteur ajouté, un point de chute déplacé, et une zone non classée devient un lieu d’accumulation. Le zonage doit suivre la vie de l’installation, pas la figer à sa mise en service.

La conformité et l’entretien du matériel

Moteurs, capteurs, éclairages et chariots présents en zone classée doivent être adaptés à la catégorie de la zone. Et un matériel conforme à l’origine mais mal entretenu — presse-étoupe desserré, enveloppe fissurée — perd l’essentiel de sa protection.

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La maîtrise des poussières combustibles ne se joue pas dans les grands principes mais dans la régularité : nettoyage, mesurage, mise à jour documentaire. L’action nationale 2026 a au moins ce mérite : rappeler, rapport public après rapport public, que l’atmosphère explosive la plus dangereuse est celle que l’on a cessé de surveiller.

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